Baie-du-Febvre

Dans le volume intitulé «Trois siècles sont appris» (Éd. Du Bien Public 1983), l’agronome M. Robert Élie a écrit une histoire de l’agriculture à Baie-du-Febvre fort documentée. Nous allons puiser les données qui suivent dans ce riche pan de l’histoire de notre paroisse.

Dans les quelques lignes qui suivent nous n’avons pas la prétention de présenter tout le cheminement de cette profession depuis 300 ans.

Il y a plus de 300 ans, en se faisant concéder la  seigneurie de Baie-du-Febvre, le seigneur Jacques Lefebvre était probablement loin de se douter qu’il devenait le propriétaire du plus beau carreau de terre du Québec.

Un problème d’arpentage délimitant le territoire de la seigneurie qui a connu son dénouement en 1702 seulement a retardé l’établissement des premiers colons.

En 1703, dix terres de chacune trois arpents de large étaient déjà concédées. On estime que c’est cette année-là que le seigneur érige le moulin seigneurial, une obligation inhérente à la prise de possession de la seigneurie.

La production laitière n’a pas toujours été l’apanage des agriculteurs. En 1830, on peut noter que dans les paroisses de Baie-du-Febvre et St-Zéphirin réunies, on a récolté : 45 370 minots de pommes de terre ; 27 760 minots d’avoine ; 27 593 ½ de blé et …266 minots de blé d’Inde.

Les temps ont changé.
        



En allant à la beurrerie

La commune

Comme son appellation l’indique, la commune est une vaste prairie pour les pâturages des taures, jeunes chevaux et moutons nés au dernier printemps. Cette façon de faire permettait aux agriculteurs d’utiliser davantage de superficie  de leur ferme pour la culture.

On ne peut passer sous silence la place qu’a occupé la commune dans l’agriculture. On ne peut situer les origines de la commune, mais on sait que dès 1706 c’est un sujet conflictuel entre le seigneur et ses censitaires. En 1724, on apprécie sa superficie à 9 300 arpents carrés. Au cours des 100 années suivantes, 3 000 arpents sont ajoutés tant par le seigneur que par les censitaires. C’est en 1822 qu’est constituée légalement la Corporation de la Commune.

Les plus âgés se souviendront des randonnées épiques que devaient accomplir les agriculteurs pour récupérer leur bétail avant les neiges. Les bêtes en pleine liberté depuis des mois sont à l’état sauvage. De plus, chaque propriétaire doit pouvoir retrouver ses propres bêtes et les emmener dans un enclos.



La commune est située dans la plaine inondée du lac St-Pierre
comme le montre la photo ci-dessus. Une partie de cette terre éminemment fertile
est maintenant vouée à la culture du céréalière.

Un événement fort important se produit en 1953. Sans trop d’avertissement, Sa Majesté la Reine exproprie, pour la Défense Nationale 3 211 arpents carrés soit 67.5 % de toute la superficie de la commune. Petit à petit, cette amputation territoriale oblige les agriculteurs à garder leurs jeunes animaux sur leurs terres. En 1970, il ne reste que 250 bêtes.

Aujourd’hui, ces terres sont en location et on y cultive exclusivement du maïs grain.


Il est intéressant de noter que la commune demeure probablement le dernier relent de l’époque seigneuriale à Baie-du-Febvre. D’ailleurs, c’est également l’une des dernières à subsister encore au Québec.




La race Holstein

La race Holstein a toujours la faveur comme en témoigne éloquemment
M. Sylvain Lefebvre de la Ferme du Pays-Brûlé sur sa grange-étable.



À Baie-du-Febvre, parler agriculture sans parler Holstein c’est un peu comme parler de pain sans beurre. Car cette race d’une qualité remarquable a toujours fait la fierté des producteurs laitiers.

La  première génisse Holstein pur-sang à faire apparition à Baie-du-Febvre avait pour nom «Emery Princess» et avait été acquise au printemps 1894 par M. Joseph Hélie. Elle provenait de la Ferme A. Hoover Jr. à Emery en Ontario. Son nom était inscrit sous le numéro 147 dans le livre généalogique de la race bovine Holstein et dans le Volume II  du Hard Book Holstein-Friesian du Canada.

C’était le départ d’une grande amélioration génétique qui a fait de Baie-du-Febvre, vers 1960, la paroisse la plus populeuse en bovins Holstein pur sang. Au cours des années 1970 et 1980, certains agriculteurs ont vu quelques-uns des meilleurs rejetons prendre le chemin du Japon ou du Brésil pour ne nommer que ces pays. Ce n’est pas peu dire.



Compliments Ferme Gerville



Mais cette ère est définitivement révolue. On sait que la production est davantage spécialisée et tournée vers la production de masse. Mondialisation oblige. Aussi, nombre d’agriculteurs ont délaissé au cours des dernières années la production laitière pour se tourner vers la production céréalière.