Baie-du-Febvre

On ne peut situer le moment où a commencé l’enseignement public à Baie-du-Febvre. La première mention d’enseignement apparaît dans les archives du Palais de Justice de Trois-Rivières. En date du 18 mai 1730, on retrouve la convention de mariage de François Janelle avec Marie-France Benoist. Il y est dit : «François Janelle maître d’école à la ditte baye natif de la paroisse de St-Germain Lexerois de Paris».

François Janelle est-il maître itinérant comme c’était fréquent à l’époque ou enseigne-t-il dans une école de paroisse dûment constituée ? On sait cependant, par l’Almanach de Québec de 1824 à 1830, il y a sept écoles dans le district de Trois-Rivières dont une à Baie-du-Febvre. L’Acte d’Éducation de 1841 établit dans chaque paroisse une commission scolaire chargée d’établir des écoles, de les régir et de les surveiller.

C’est le lundi 10 janvier 1842 qu’a lieu la première élection des commissaires. Le mode d’élection était quelque peu différent de ce que l’on connaît maintenant. Dans les procès-verbaux de la Commission Scolaire on retrouve ce qui suit : «Avis est donné qu’une assemblée des propriétaires  tenant feu et lieu à La Baie-du-Febvre se tiendra à la porte de l’église à 10h. du matin le 9 juillet 1977 afin de procéder à l’élection de deux commissaires». (Archives de L’U.Q.T.R/C.E.D.E.C.Q.)

On sait également qu’en 1844 on compte sept écoles et que quatre autres sont construites entre 1844 et 1881. Les us et coutumes dans l’éducation ne diffèrent pas de ce qui se fait ailleurs au Québec. Aussi nous n’insisterons pas sur cet aspect.


Les Frères des Écoles Chrétiennes

C’est sous les auspices du Curé Didier Paradis que, le 22 août 1877, les Frères des Écoles Chrétiennes viennent s’établir à La Baie-du-Febvre. On agrandit l’école du village déjà existante qui abritera également la même année un pensionnat, permettant d’accueillir une vingtaine de garçons, là où se trouve maintenant l’école Paradis.  Onze ans plus tard, on rénove l’ancienne partie. On parlera désormais du Collège des Frères




Vue arrière du collège incendié en 1913.



Dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1913, toute la bâtisse est rasée par les flammes. On ne dénote aucune perte de vie et le Collège sera reconstruit à neuf en 1916




Le nouveau collège construit en 1916.


Au début de l'année 1951 on constate que le collège montre des signes évidents de fatigue. On pense d'abord le rénover mais le rapport des experts soumis à la commission scolaire démontre que la structure accuse des faiblesses marquées particulièrement aux quatre coins de la bâtisse. Les réparations seraient trop onéreuses. Le 24 juin, on décide à l'unanimité de construire à neuf tel que le plan série M51, avec modifications, tel que fourni par le Département de l'Instruction Publique. Copie de la résolution est transmise au Ministre Antonio Élie pour approbation. La construction sera confiée à l'entrepreneur local M. Alcide Rousseau pour un montant de 145 652.15$.




L’école Paradis en construction en 1953



Dans La Presse du 12 décembre 1953, suite à l’inauguration de l’école paraît la photo de la nouvelle construction avec le bas de vignette qui suit : «PENSIONNAT OU MANOIR ? Cet immeuble aux lignes simples et tout à fait canadiennes est bel et bien un pensionnat, mais il évoque les anciens manoirs français de le province de Québec. Situé à la Baie-du-Febvre, près de Nicolet, il reçoit une cinquantaine de garçons, externes ou pensionnaires. Son Exc. Mgr Albertus Martin, évêque de Nicolet l’a bénit et inauguré récemment. L’édifice comprend six classes régulières avec logement pour le personnel enseignant. C’est le premier pensionnat construit d’après les plans du comité catholique du Conseil de l’instruction Publique, sous la direction de M. Omer-Jules Desaulniers, surintendant. Les Frères des Écoles Chrétiennes, établis à la Baie-du-Febvre depuis 75 ans, ont charge de l’institution nouvelle.  (…) »

À partir de septembre 1959, il n’y aura plus de pensionnaires. Les frères quitteront la paroisse en juin 1964 et pour la première fois, un laïc, Rosaire Lemay, prendra la direction de l’école.

 

Les Sœurs de l’Assomption

On sait que cette communauté a pris naissance à St-Grégoire de Nicolet en 1853. Dès 1858, quelques citoyens suggèrent au curé Carrier d’inviter une communauté à s’établir ici «…afin de donner l’éducation et l’instruction aux jeunes filles.» Le 7 avril 1864, le curé Didier Paradis soumet un projet aux paroissiens visant à demander aux Soeurs de l’Assomption de venir ouvrir une mission dans notre paroisse.

Le 15 mai 1865, débutent les travaux de construction du couvent. On utilise de la  pierre du vieux moulin dans la construction. On sait qu’un moulin à vent était érigé sur  le site au début du XIXe siècle. Le 13 septembre 1865, M. Louis Manseau, marchand, se rend à St-Grégoire pour ramener les deux premières religieuses. On procède à la bénédiction du nouveau couvent le 17 septembre de la même année. La première année, le couvent accueille 75 élèves de 14 à 20 ans.

À 4h.30 du matin le 10 janvier 1883, un incendie se déclare et détruit entièrement l’immeuble. Il n’y a pas de victimes. Les pensionnaires sont en congé et les religieuses de même que deux pensionnaires demeurées au couvent s’en sauvent de justesse.

Le 30 juillet 1884, religieuses et pensionnaires intègrent le nouveau couvent.



Le couvent érigé en 1884



Ce couvent sera démoli en 1974 à cause de l’instabilité de sa structure. Les deux dernières religieuses demeureront au presbytère jusqu’en 1976 alors que la communauté quittera définitivement la paroisse.

On estime qu’environ 2 000 élèves ont profité de l’enseignement des Sœurs de l’Assomption entre 1865 et 1976.

En 1976, M. Gaston Côté se porte acquéreur de toute la propriété à la condition de démolir le couvent. Il utilise de façon heureuse une bonne partie des matériaux récupérés de l’ancien couvent pour la construction de sa nouvelle maison



La maison de M. Gaston Côté construite avec une partie des matériaux
provenant du couvent démoli



La centralisation des écoles


La centralisation des écoles de rang vers une école unique, celle du village, est certes le premier grand dérangement du système d’éducation au Québec. Les inspecteurs d’écoles de l’époque se font les missionnaires de cette nouvelle orientation dont l’inspecteur Armand Martel, inspecteur dans notre région. À la fin de 1957, ce dernier souligne aux commissaires que deux écoles devront être condamnées ne répondant plus aux normes. À la mi-septembre 1959, tous les élèves intégreront le couvent ou l’école Paradis.

Pas moins de 260 élèves quitteront les écoles de rang pour se retrouver au village. Le premier contrat pour le transport des élèves est accordé à M. Éloi Desfossés, le plus bas soumissionnaire,  pour la somme de 4 300$.

Au printemps 1964, les commissions scolaires de la région confient l’enseignement secondaire public à une nouvelle entité administrative : la Commission scolaire régionale Provencher. L’école polyvalente de Nicolet ouvrira ses portes en septembre 1968. Elle sera la première polyvalente à être construite au Québec.

En 1967 et 1968, un mouvement s’amorce au Québec visant à regrouper des commissions scolaires de niveau primaire. Déjà, en 1968, il est question de regrouper les paroisses de La Visitation, St-Zéphirin, St-Elphège et Baie-du-Febvre. C’est finalement la promulgation de la loi 72 qui forcera les commissions scolaires à se regrouper le premier juillet 1972. Ce regroupement de onze commissions scolaires incluant Baie-du-Febvre donnera naissance à la Commission scolaire du Lac St-Pierre.

La dernière réunion de la Commission scolaire de Baie-du-Febvre se tient à l’école Parais le 17 juin 1972. Les derniers commissaires sont : M. Jean-Louis Provencher, président ; Mme Laure Blondin-Proulx, Mme Cécile Élie-Lefebvre, M. Ange-Albert Côté et M. Charles-Gérard Lemire. M. Clément P. Lemire agit comme secrétaire-trésorier.