Baie-du-Febvre

Aucun écrit permet de confirmer la date exacte de l’érection de la première église à Baie-du-Febvre. On sait que la première sépulture à Baye St-Antoine date du  7 janvier 1704. D’autres informations fragmentaires permettent de croire que la première église a été construite entre 1700 et 1703. Elle était situé à 4.4 km. à l’est du village sur la route 132. Une croix érigée près de la demeure actuelle de M. Pierre-Paul Alie rappelle l’emplacement.

C’est sans doute l’augmentation de la population qui a rendu nécessaire la construction d’une deuxième église. Les travaux débutent à l’automne 1750 pour s’échelonner jusqu’en 1759. Elle sera érigée à 2.2 km. à l’ouest de la première. On se rapprochait de ce qui allait être plus tard le village.

Au sujet de cette deuxième église, le clergé souhaitait qu’elle soit construite en haut de la côte. Mais Mgr. Pontbriand avait décidé qu’elle demeurerait en bas de la côte. La légende veut que le démon incarné sous la forme d’un beau cheval noir  aurait lui-même transporté sur place une partie de la pierre nécessaire à la maçonnerie. Le propriétaire de ce cheval mystérieux lui faisait, paraît-il, traîner de très lourdes charges qui exigeaient de l’animal une force évidemment surnaturelle. Mais il devait le tenir constamment sous bride. Un jour, par humanité, il commit l’imprudence de lui enlever le harnais complet, bride comprise ; à son retour à l’écurie, le nouveau Belzébuth avait disparu.

On voit, par cette légende, que nos pères considéraient le choix du site de l’église, au bas de la côte, comme en partie l’œuvre du démon.

Vers 1790, la deuxième église est jugée trop exiguë. Comme la population des concessions de la Grand-Plaine et du Pays-Brûlé augmente et que plusieurs familles sont établies vers Pierreville, il est décrété que la troisième église sera érigée en haut de la côte, soit à l’endroit de l’église actuelle. L’ouvrage débute en 1803 pour être terminé au printemps 1806.

L’accroissement de la population fait en sorte que dès 1838, on constate qu’elle est devenue trop petite  mais, surtout, qu’elle est dans un état lamentable. Les paroissiens se montrent favorables à une réparation de l’église et à son agrandissement. Les travaux débutent dès 1840. On ajoute deux nefs latérales à la nef centrale et on allonge celle-ci. Un large portique flanqué de deux tours carrées et orné de trois portes de style dorique donnent à l’ensemble, avec ses deux clochers, un aspect assez imposant. Les travaux seront terminés en 1845.

Il y a donc lieu de considérer cette église et celle construite en 1803. Ce sera dorénavant la quatrième église.

En 1898, on constate que la maçonnerie est lézardée et enfoncée en terre à tel point que le plancher de la nef repose sur le sol. Les experts consultés font part de leurs observations lors d’une assemblée des paroissiens le 4e dimanche de l’Avent 1896. Ils considèrent comme impossible une réparation valable et recommandent une nouvelle construction. Un décret en ce sens est émis par Mgr Gravel le 17 février 1899.


Les travaux de la cinquième église débutent le 20 juillet 1899. Le 8 mars 1901, on est à parachever les travaux lorsqu’un incendie détruit la bâtisse.  Le 6 avril 1902, les paroissiens décident de la reconstruction immédiate d’une nouvelle église.

L’entrée officielle dans le nouveau temple se fait le 19 mars 1905.



La cinquième église ouverte au culte en 1905 et démolie en 1964


L’éclairage était assuré par un générateur de gaz à l’acétylène. Mais, lors de l’électrification du village, on s’est empressé convertir tout le système d’éclairage à cette nouvelle source d’énergie. Mais il est trop compliqué, voire impossible d’installer les fils à l’intérieur de la structure. On pose donc les fils en surface.

Au début des années 1960, les inspecteurs en bâtiments et les ingénieurs ont tôt fait de condamner ce système déjà vétuste et fort insécure. Mais ce qui inquiète davantage, c’est que la structure montre de sérieux signes de fatigue. On peut voir que les clochers enfoncent graduellement au point qu’on peut observer une pente de trois pieds de l’avant vers l’arrière.

Après une évaluation par des ingénieurs, on doit se rendre à l’évidence : il faut démolir l’église et reconstruire à neuf. Le 26 mai 1963, en assemblée générale, les paroissiens conviennent de construire une nouvelle église et un nouveau presbytère. L’église est démolie au printemps 1964. 


Le 5 décembre 1966, on confie à M. Éloi Desfossés la tâche de démolir le presbytère.

Pour la construction de la sixième église, l’église actuelle, on confie à l’architecte nicolétain Gérard Malouin le soin de proposer un plan pour l’église et le presbytère. Mais, dans la paroisse, on trouve que le plan proposé, malgré toute sa beauté, s’avère trop onéreux. À l’automne 1966, on demande à l’architecte Conrad Gagnon de dresser les plans d’une nouvelle église qui sont acceptés le 29 novembre.


L’église actuelle et le presbytère



Le 7 juin 1967, on procède à l’ouverture des soumissions pour la construction de l’église et du presbytère. Le contrat est accordé à l’entreprise Robert Noël d’Arthabaska au montant de 219 135$. Le sous-contrat de l’électricité est donné à M. Yvon Blondin et celui de la peinture et du vernis à M. Lorenzo Gauthier.

La première messe célébrée dans le nouveau temple est celle de la messe de minuit le 25 décembre 1967 et la première sépulture sera celle de l’Honorable Antonio Élie le 15 janvier 1968.